étiquette ‘Vidéo’

Frédérique Chauveaux et Michael McCarthy : Human form

Posté le 24 jan 2012 à 10:54

L’exposition “Human form” croise deux parcours édifiés autour de la forme humaine, deux regards qui se rejoignent, mais aussi deux démarches à contre-temps qui interpellent et impliquent le spectateur. L’une est celle d’un sujet qui devient regard, quand l’autre, est celle d’un regard qui devient sujet.

Venue du monde de la danse, Frédérique Chauveaux s’est lentement extraite d’un corps pour mettre en espace des corps, aujourd’hui prolongés dans des installations vidéo. Photographe, Michael McCarthy est entré dans l’objectif pour devenir sujet et papier. Sans complaisance, il explore et transgresse technique et support pour retrouver et faire corps.

Frédérique Chauveaux: Danseuse-interprète, chorégraphe, directeur de sa propre compagnie… Frédérique Chauveaux a assumé tous les rôles avec talent, sur les scènes les plus prestigieuses, oeuvrant avec des metteurs en scènes renommés. Lorsqu’en 1998, elle découvre la vidéo, ce nouveau médium devient sa passion; c’est tout naturellement qu’elle en fait le prolongement de ses inlassables expérimentations sur le corps et son mouvement.

Habituée à la scène et au contact direct avec le public, elle abolit d’emblée l’écran distanciateur. Elle introduit la 3ème dimension en vidéo avec ses « installations vidéo« , donnant vie à des objets inanimés, telles, pour la série « Habitations« , cette chemise qui respire ou cette autre qui vole. Car, en filmant comme elle le fait l’objet, en l’animant par divers procédés, puis, en re-projetant sur ce même objet le résultat du mouvement créé, elle obtient un étrange ballet, la quintessence de la chose. En insufflant ainsi vie à l’inerte, elle déstabilise le spectateur et suscite un trouble de la perception qui le fait douter du Vrai et du Faux, jusqu’à le conduire inexorablement à vouloir… toucher, participer.

Les thèmes qu’elle aborde – au coeur de ses préoccupations figurent l’entre-deux amoureux, la sensualité, l’érotisme, le désir, la souffrance…- et sa démarche artistique singulière impliquent le spectateur émotionnellement et physiquement.

Elle expose notamment pour les Nuits blanches en 2009 et 2010. De la société Louis Vuitton, elle reçoit commande en 2010, de l’installation « Bon voyage! », qui est exposée au musée Carnavalet d’octobre 2010 à février 2011.

Michael McCarthy: Diplômé en Histoire et en Photographie de la Tyler School of Art (PA, USA), Michael McCarthy débute sa carrière d’enseignant en photographie et d’artiste en Pennsylvanie (USA); il voyage beaucoup et s’expatrie notamment 4 ans en Italie (Florence, Cortone, Rome) puis 2 ans en Grèce. Il expose à de nombreuses reprises outre-atlantique et en Europe. Il s’installe finalement en France où il vit et enseigne depuis 3 ans.

Familier des techniques les plus pointues de la photographie, ses goûts et sa curiosité expérimentale l’incitent à une exploration de tous les procédés photographiques mis en oeuvre depuis les origines de la photo au milieu du XIX° siècle (photogrammes, sténopés, procédé Van Dyke etc). En 1997, il est chargé au sein de l’Université de Collegeville (PA, USA) de développer un ambitieux programme sur la photographie alternative.

Cette exploration des procédés anciens lui procure des moyens plastiques plus qu’un but en soi’ il s’affranchit en effet de toute cette technique qu’il maîtrise pour créer un univers singulier. Il utilise les instruments du peintre, pinceau et pigments, et re-travaille implacablement son négatif et/ou son épreuve par pratique de chimie, découpage, pliage et lacération…

Dans ses séries « Bodies« , « Anti-portraits » et « Cyan-portraits » présentées dans l’exposition « Human form », son modèle est le corps humain, le sien propre, qu’il fragmente, décompose et découpe par le biais de l’image; son regard introspectif est sans concession. Il entretient un rapport au corps qui est celui d’un sportif accompli et d’une esthétique du relief archéologique et sculptural influencée par son expatriation en Italie et en Grèce.

  •  Exposition du 16 mars au 05 mai 2012

Galerie Duboys

Rencontres internationales de la création contemporaine, cinéma, vidéo, multimédia : Appel à proposition

Posté le 15 août 2011 à 4:34

Depuis 1997, les Rencontres internationales proposent une action pluridisciplinaire en faveur de la création contemporaine en cinéma, vidéo et multimédia. Le festival présente chaque année, à Paris, à Berlin et à Madrid, une programmation internationale réunissant des œuvres d’artistes et de réalisateurs reconnus sur la scène internationale aux côtés de jeunes artistes et de réalisateurs peu diffusés.

Les Rencontres internationales souhaitent ainsi faire découvrir des œuvres contemporaines à un large public, susciter des circulations entre différents milieux de création et faire communiquer leurs publics, dynamiser les échanges entre artistes, réalisateurs et acteurs de la vie artistique et culturelle.

Chaque année, un appel à proposition est ouvert à tous pour l’ensemble des cycles de la programmation.

Les Rencontres souhaitent accompagner, induire des parcours, des circulations, entre différentes pratiques contemporaines de création, entre différents publics, entre artistes et réalisateurs, entre différents espaces, géographiques, artistiques et culturels, à Paris, Berlin et Madrid – ces trois villes s’inscrivent aujourd’hui dans une différence positive, permettant une approche d’éléments significatifs de notre société, une plus grande compréhension de contextes artistiques et culturels en devenir, une plus grande compréhension de leurs enjeux.

Dans le prolongement des précédentes éditions des Rencontres, depuis 1997, ils ont souhaité donner aux Rencontres Internationales la tonalité d’un événement axé sur la création contemporaine, présenter des réalisations pouvant intégrer les recherches et langages de domaines d’expression différents, engageant un questionnement de l’image et du rapport à l’espace et au temps, une recherche sur le langage cinématographique, audiovisuel, plastique, un questionnement en acte.

Toutes ces œuvres constituent un laboratoire de création vivant que nous voulons explorer, faire découvrir. Leur volonté de décloisonner différents milieux de création, différents espaces, ainsi que leurs publics, et de les faire se rencontrer, accompagne notre action pour un événement ouvert, à même de faire émerger spécificités et correspondances des langages, des regards, au sein d’une création contemporaine en mouvement.

Pour les prochaines Rencontres Internationales, ils ont  souhaité poursuivre cette action, ouvrir à nouveau un espace d’échanges et de rencontres entre différents langages, différents publics.

Appel à proposition Date limite: jusqu’au 31 août 2011 L’appel à proposition pour les prochaines Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid est ouvert jusqu’au 31 août 2011.

Les Rencontres Internationales se dérouleront à Paris au Centre Pompidou et sur d’autres lieux du 18 au 26 novembre 2011. La même programmation sera présentée à Madrid en avril et à Berlin en juillet 2012.

Cet appel est ouvert à tous, individu ou organisme, pour les cycles film, vidéo et multimédia, sans restriction de genre et de durée. Les propositions sont gratuites, sans limitation de provenance géographique.

Anish Kapoor – MONUMENTA

Posté le 14 mai 2011 à 8:24

Vidéo de Monumenta, Exposition de Anish Kapoor au Grand Palais

1ère Nuit de l’ICART : Les cinq sens

Posté le 02 mai 2011 à 10:55

Soirée-événement polysensorielle, multiartistique…

Regarder, goûter, toucher, écouter, sentir

L’ICART, école des métiers de la culture et du commerce de l’art donne « carte blanche » à ses étudiants le vendredi 27 mai pour concevoir et mettre en scène, dans les locaux de l’école, la 1ère « Nuit de l’ICART ».

« Les 5 sens » ? Organes de perception travaillée depuis l’enfance, permettront-ils de distinguer des réalités différentes ? Exploration et sensibilité, interrogations et émotions, souvent trompés, ils seront bousculés pour ne laisser échapper qu’un mot d’ordre : LA CRÉATIVITÉ !

Seuls maîtres à bord, c’est donc rue Pierre Charon, que de 19h à 1h du matin, les icartiens ouvriront les portes de l’école aux amateurs, aux visiteurs curieux de découvrir les propositions artistiques de jeunes artistes émergents…

Au programme : Arts plastiques et graphiques, photographie, installation, vidéo, performances, food-art, danse, musique… Pour les étudiants, futurs acteurs de la culture et de marché de l’art, l’heure est aux préparatifs car les rendez-vous seront nombreux cette nuit-là : ateliers fooding, performances, concerts de musiques actuelles, et des retrouvailles attendues… Wenjing Wang, lauréate du Prix ICART 2011, invitera à découvrir ou redécouvrir son travail où l’expérience d’un plongeon dans le noir, le temps d’un instant, pour une méditation poétique à travers la mémoire saturée… un travail sur les photos numériques qui tendent à devenir <archives>.

SHOW OFF 2010

Posté le 06 juil 2010 à 9:49

Pour sa cinquième édition, SHOW OFF 2010 renforce sa lisibilité et son offre et SHOW OFF devient la foire du SOLO SHOW. SHOW OFF se tiendra du 21 au 24 octobre 2010, pendant la semaine de l’Art contemporain à Paris sous l’égide de la FIAC, SHOW OFF s’ installera dans une tente lumineuse et élégante, en plein Paris, aux pieds du Grand Palais sur le Port des Champs Elysées. Peinture, photographie, dessin, sculpture, vidéo, installation, édition… tous les medias seront présentés dans un format unique favorable aux artistes.

Cette cinquième édition marque le retour de la scène internationale à SHOW OFF avec une forte présence de galeries étrangères et d’artistes du monde entier. Un pôle de galeries anglaises se forme à SHOW OFF.

La galerie Danielle Arnaud présentera les dernières mises en scène d’animaux et de plantes de Tessa Farmer. Dans la section Emergence dédiée aux jeunes galeries, Room London présentera les installations du jeune artiste anglais Gordon Cheung et la Ladiray gallery, qui ouvrira un espace à Londres à l’automne prochain, exposera un ensemble de dessins de l’artiste français Vincent Bizien.

Les Pays-Bas et la Suisse sont aussi présentes avec des galeries phares. Flatland Gallery, fidèle à SHOW OFF depuis la première édition, reviendra cette année avec des photographies de Jaap Scheeren. La Gist Galerie, proposera un projet intitulé « Slow City » conçu par le duo Thomas Elshuis et Erik Sep. La galerie genevoise Analix Forever, elle aussi fidèle, présentera les installations de l’artiste italien David Casini.

Un grand nombre des artistes présentés par les galeries françaises sont étrangers. Ainsi Gilles Peyroulet & Cie, nouvelle venue à SHOW OFF, présentera les photographies de Fouad Elkoury (artiste vivant entre Paris, Beyrouth et Istanbul), Laurence Esnol Gallery avec l’artiste américain H. Craig Hanna, la galerie Vanessa Quang avec l’artiste chilienne Voluspa Jarpa, la galerie Catherine et André Hug avec la photographe allemande Stéfanie Schneider ou encore Russiantearoom avec l’artiste russe Dmitry Sokolenko.

Un partenariat qui se veut durable entre SHOW OFF et MENASART FAIR. Cette dernière se tiendra pour la première fois à Beyrouth du 13 au 14 juillet. Deux marchés, deux visions, une volonté commune de promouvoir une scène artistique émergente et un format semblable autour du SOLO SHOW.

SHOW OFF s’affirme comme un événement international au travers des galeries et des artistes qu’elle accueille et des échanges qu’elle institue.

Les dates à retenir de la 5e édition de SHOW OFF, la foire du SOLO SHOW :

• Ouvert du 21 au 24 octobre 2010 de midi à 20h • Vernissage presse le 20 octobre 2010 de midi à 18h • Vernissage public le 20 octobre 2010 de 18h à 22h • Port des Champs Elysées, Pont Alexandre III Paris 8e

Le site : http://showoffparis.fr/

Le festival Normandie Impressionniste 2010

Posté le 06 avr 2010 à 11:37

festival Normandie Impressionniste 2010

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, musée Marmottan-Monet. Credit: Musee Marmottan, Paris, France / Giraudon / The Bridgeman Art Library Nationality / copyright status: French / out of copyright Monet, Impression, soleil levant, 1872, musée Marmottan-Monet.

De juin à septembre 2010, plus de 200 événements culturels et animations pour vivre l’Impressionnisme au présent

Normandie Impressionniste est un événement culturel, touristique et éducatif, né à l’initiative de la Communauté de l’Agglomération rouennaise et de six autres grandes collectivités normandes : les Régions de Haute et de Basse Normandie, les Départements de la Seine Maritime et de l’Eure, et les Villes de Rouen et de Caen.

Le festival Normandie Impressionniste mettra l’Impressionnisme à l’honneur  sur tout le territoire haut et bas-normand. D’une ampleur inédite en France, cet événement pluridisciplinaire sera l’occasion pour le public de découvrir le patrimoine exceptionnel et toute la créativité de la terre natale du mouvement Impressionniste.

Le festival dévoilera l’impressionnisme sous toutes ses formes. Peinture, art contemporain, musique, cinéma, théâtre, danse, photographie, vidéo, littérature, conférences, son et lumière, déjeuners sur l’herbe, guinguettes… le festival Normandie Impressionniste proposera une programmation diversifiée, ouverte à tous et à toutes les formes d’expression artistique.

La peinture sera bien sûr à l’honneur. Tête de proue du festival, l’exposition très attendue « Une ville pour  l’Impressionnisme, Monet, Pissarro, Gauguin à Rouen » proposée par le musée des Beaux-Arts de Rouen présentera un ensemble exceptionnel d’œuvres en provenance de collections publiques et privées du monde entier, dont plusieurs pièces maîtresses encore jamais montrées en France. D’autres hauts lieux culturels du territoire normand illustreront la diversité du thème de l’Impressionnisme à travers ses origines, ses lieux emblématiques ou ses pratiques : la Seine au musée des Impressionnismes de Giverny, l’estampe Impressionniste au musée des Beaux-Arts de Caen, Jongkind et Boudin au musée de Honfleur, Degas au musée André Malraux du Havre, Millet au musée Thomas Henry de Cherbourg, Renoir et Pissarro au Château-musée de Dieppe, Corot au musée de Saint-Lô, L’Ecole de Rouen au musée de Vernon, Riesener au Musée de Lisieux… Le Fonds ‘Peindre en Normandie’ exposera une sélection de ses oeuvres à Honfleur et Grand Quevilly.

Les autres formes d’expression créative, jusqu’aux plus actuelles, seront également bien représentées : musique (concerts autour de Debussy, Ravel, Satie…), photographie (exposition de Maxence Rifflet au Point du Jour à Cherbourg et au Pôle Image de Haute-Normandie à Rouen, commandes à de grands photographes), art contemporain (hommage au déjeuner sur l’herbe au Frac Haute-Normandie, installations à l’Abbaye de Jumièges), art vidéo (à l’Hôtel du Département de Seine-Maritime…), cinéma (archives Gaumont-Pathé), théâtre (dialogue entre Monet et Clémenceau), danse ou encore spectacle vivant.

De nombreux projets éducatifs seront menés en concertation et en étroite collaboration avec les établissements d’enseignement de tous niveaux sur tout le territoire normand. Ateliers artistiques, visites, cours d’histoire de l’art, les projets se multiplieront pour faire découvrir aux élèves ce grand mouvement pictural, les inviter à se l’approprier et à le réinterpréter. Le festival Normandie impressionniste est enfin un événement festif et convivial, ouvert à tous. Clins d’œil au goût des peintres Impressionnistes pour les paysages normands : projections sur des monuments, spectacles pyrotechniques, croisières et traversées sur la Seine, déjeuners sur l’herbe, guinguettes, itinéraires Impressionnistes et bien d’autres activités en plein air viendront compléter l’offre du festival, en lui conférant une dimension touristique, populaire et festive.

L’Impressionnisme est né en Normandie par Jacques-Sylvain Klein

Commissaire général du festival Normandie Impressionniste, auteur de La Normandie, berceau de l’Impressionnisme (Ouest-France). Chacun le sait : l’Impressionnisme tire son nom d’un tableau de Monet, Impression, soleil levant, peint au Havre en 1872. Cette toile reflète à merveille une manière de peindre qui cherche à saisir l’instant éphémère, qui privilégie la couleur par rapport à la forme et qui laisse l’oeil du spectateur recomposer ce que la touche fragmentée du peintre avait dissocié. En choisissant ce tableau pour cible de ses railleries et en qualifiant d’Impressionnistes les adeptes de cette manière de peindre, le critique satirique Louis Leroy n’imaginait pas à quel point il était perspicace : ce faisant, à la fois il révélait la naissance d’un courant pictural en quête de lumière, de plein air et d’impressions fugitives et il témoignait de l’origine géographique de ce mouvement. L’Impressionnisme a paru surgir à Paris, en 1863, au Salon des Refusés (lequel réunissait les refoulés du Salon officiel). En réalité, cette révolution picturale, l’une des plus importantes de l’histoire de l’art, a émergé lentement, par transformations successives d’un genre pictural nouveau, le « paysage » en plein air, qui s’est affirmé en Normandie à partir des années 1820.

L’Impressionnisme, qui est l’expression même de la peinture claire, n’est pas sorti, comme on le dit souvent, de la sombre forêt de Barbizon, où se retrouvaient les peintres naturalistes. Quel paradoxe ce serait ! Cette peinture du moment fugitif est née sous les ciels capricieux de la Normandie, le long de ses rivages lumineux et de ses vallées verdoyantes. La naissance de l’Impressionnisme en terre normande peut sembler, à première vue, découler d’une série de hasards. Citons, parmi ces « heureux hasards » et par ordre d’apparition à l’écran :

Géricault, le héraut du Romantisme. Il naît à Rouen en 1798 et c’est là qu’il découvre l’anatomie des chevaux, qui occupent une place si importante dans son oeuvre ;

Corot, le chef de file de l’Ecole de la nature, fait ses études à Rouen et il découvre les lumières de la Normandie bien avant celles de l’Italie ;

depuis son enfance, Delacroix passe ses vacances au château de Valmont, près de Fécamp, avec son cousin Riesener. Il peint les falaises d’Etretat trente ans avant Courbet et Monet et il est le premier, dans La mer vue des hauteurs de Dieppe, à expérimenter la touche en virgule et la couleur juxtaposée des Impressionnistes ;

Huet, qui est un ami intime de Delacroix, se veut « fils de Rouen ». Il conduit la peinture du Romantisme jusqu’aux débuts de l’Impressionnisme ;

Millet est originaire de Gruchy, un hameau côtier du nord Cotentin. Marié à une Cherbourgeoise, il vit fort bien des portraits de la bourgeoisie locale lorsqu’une histoire sentimentale l’oblige à s’enfuir au Havre, où il rencontre Boudin ;

Courbet vient peindre sur la côte normande dès les années 1840. Il tombe amoureux d’une Dieppoise et leur longue liaison lui donne l’habitude d’y revenir souvent ;

Daubigny, succombe, lui, au charme d’une Cauchoise et vient s’installer à Villerville, un « trou à moules » près d’Honfleur ;

Boudin tient un commerce d’encadreur au Havre. Il expose des tableaux de Jongkind, de Millet et des célébrités de l’époque – Isabey, Troyon, Couture – qui l’initient à la peinture. Revenant à Honfleur, dont il est natif, il a pour voisin Baudelaire, un poète et critique d’art génial qui s’enthousiasme pour ses Ciels au pastel ;

Monet habite Le Havre depuis l’âge de cinq ans. Il y fait la connaissance de Boudin puis de Jongkind, qui l’emmènent peindre sur le motif. Ils seront, reconnaîtra-t-il, ses seuls vrais professeurs ;

Degas découvre tout jeune le Haras du Pin et il peint ses premières courses de chevaux à l’hippodrome d’Argentan, dans l’Orne ;

accueilli au château de Wargemont par les Bérard, Renoir retrouve à Dieppe ses amis Blanche, Monet, Eva Gonzalès et Pissarro, ainsi que Durand-Ruel, leur marchand à tous ; Berthe Morisot passe ses vacances à Houlgate, où elle reçoit les bons conseils de Riesener et de Degas ;

Lépine peint ses premières toiles à Caen, sa ville natale ;

Seurat passe ses vacances à Grandcamp et à Port-en-Bessin et il entraîne Signac et Angrand, son ami rouennais, sur la voie du Pointillisme ;

Anquetin, natif d’Etrépagny, dans l’Eure, y invente le Cloisonnisme et exerce une influence, totalement ignorée, sur Van Gogh et sur Gauguin ;

Dufy, Friesz et Braque apprennent ensemble à peindre à l’Ecole des Beaux-Arts du Havre… Une telle accumulation de hasards ne peut évidemment s’expliquer que par des causes profondes. Pourquoi cette marée qui, par vagues successives, a déferlé sur la Normandie pendant plus d’un siècle ? Pourquoi le flambeau est-il passé, de main en main, de ville en ville, de plage en plage, des Romantiques à l’Ecole de la nature, des Réalistes aux Pré-Impressionnistes, des Impressionnistes aux Post-Impressionnistes ? Si la Normandie est restée si longtemps le champ de manoeuvre préféré de tous les créateurs, de tous les précurseurs en art, et souvent aussi en idées politiques, cela tient à de solides raisons.

La Normandie possède une longue tradition picturale, illustrée dès le XVIIe siècle par un peintre aussi célèbre que Poussin, natif des Andelys, et par deux dynasties de maîtres peintres : les Jouvenet, qui tiennent atelier à Rouen, et les Restout, qui officient à Caen. À la veille de la Révolution, l’école de dessin de Rouen compte trois cents élèves, parmi lesquels les paysagistes Houel et Eschard et le graveur Le Mire, illustrateur des Fables de La Fontaine.

La richesse architecturale de la Normandie la porte à prendre la tête du mouvement de réhabilitation du patrimoine médiéval qui s’opère au début du XIXe siècle. Les plus grands artistes (Géricault, Isabey, Bonington, Hubert Robert) sont mobilisés par un érudit, le baron Taylor, pour lithographier tous les trésors de la région, afin d’alimenter le premier volume des Voyages pittoresques et romantiques dans l’Ancienne France, qu’il publie en 1820. La défense du patrimoine devient bientôt une spécialité de la province,qui crée la première « Société des antiquaires » et invente les termes architecturaux « roman » et « gothique flamboyant ».

La Normandie bénéficie de l’émergence, à la même époque, du paysage en plein air, un genre pictural nouveau, mis à l’honneur par les Anglais (Constable, Turner) et qui va peu à peu s’imposer comme le genre majeur. Grâce à ses 600 kilomètres de côtes rocheuses et sablonneuses, à son alternance de plateaux et de vallées, à ses paysages maritimes et fluviaux, à ses cités médiévales et à ses campagnes de rêve, la Normandie offre aux paysagistes et aux marinistes une infinité de motifs à peindre. À quoi s’ajoutent deux éléments essentiels pour des peintres épris de lumière et d’impressions fugitives : l’omniprésence de l’eau – qu’elle tombe en averses, déferle en vagues ou coule dans la vallée de la Seine – et la mobilité des ciels, constamment changeants sous l’effet des vents et des marées.

Le goût des peintres pour le paysage est en résonance avec la mode des bains de mer, lancée par l’aristocratie de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. Le succès de la balnéothérapie va faire la célébrité des stations de Dieppe, d’Etretat ou de Trouville avant de faire celle de Deauville, de Sainte-Adresse et de Cabourg. La présence sur la côte normande d’une « élégante société » fait aussi le bonheur des peintres, tels Courbet ou Boudin, qui savent lui offrir un miroir flatteur. L’attirance des peintres pour la Normandie tient aussi à sa proximité de Paris, déterminante à une époque où l’on voyage encore en diligence ou en bateau à vapeur. Cela vaut pour les « horsains », qui viennent l’été en Normandie peindre sur le motif, comme pour les Normands, qui montent l’hiver à la capitale fréquenter les ateliers et exposer au Salon. Cet atout va s’accentuer, à partir du milieu du siècle, avec l’ouverture des lignes de chemin de fer reliant Paris à Rouen, à Dieppe, au Havre et à Deauville. D’autant plus qu’au même moment, l’invention de la peinture en tube et du chevalet pliant allège l’attirail du peintre et accroît sa mobilité.

À toutes ces raisons, qui expliquent que l’Impressionnisme ait pris sa source en Normandie, il faut en ajouter une dernière, qui est de première importance : le rapprochement franco-anglais. Après les guerres napoléoniennes et le blocus continental, qui avaient séparé la France et l’Angleterre, la Normandie devient le lieu de rencontre et d’échanges privilégiés entre les avant-gardes artistiques des deux pays, prélude à l’Entente cordiale conclue entre Louis-Philippe et la reine Victoria. Le génial Turner effectue six grands voyages en Normandie, écumant toute la région, du Tréport jusqu’au Mont Saint-Michel et du Havre jusqu’à Vernon. Il en ramène des aquarelles éblouissantes, qui lui servent pour ses grandes compositions à l’huile. Il est imité par des peintres aussi novateurs que Bonington, Prout ou Cotman. Traversant la Manche en sens inverse, Géricault passe un an à Londres, expose triomphalement son Radeau de la Méduse, découvre l’oeuvre de Constable, encourage ses amis Delacroix, Isabey et Huet à faire le voyage de Londres, bientôt préféré à celui de Rome. Les échanges franco-anglais ne vont plus cesser, faisant se rencontrer sur la côte normande Bonington et Delacroix, Whistler et Courbet, Sickert et Degas…

Et si, en 1892, Monet entreprend sa série des Cathédrales de Rouen, peintes de face, sans les facilités de la perspective, c’est sans doute pour surpasser Turner qui, soixante ans plus tôt, a peint de biais le mastodonte gothique. Surpasser le génial sujet de Sa Majesté, voilà qui a dû stimuler l’ardeur du patriarche de Giverny qui prétendait – non sans quelque raison ! – au titre de plus grand peintre du siècle.

Texte à paraître dans le Guide du Routard Normandie Impressionniste, publié par Hachette en avril 2010.

Claude Monet Portail de la cathédrale de Rouen, temps gris 1892, huile sur toile Musée des Beaux-Arts de Rouen

Jacques-Sylvain Klein, vice-Président du Conseil scientifique et Commissaire général du festival Économiste et historien d’art, Jacques-Sylvain Klein est l’auteur de La Normandie, berceaude l’Impressionnisme, de La Maison Sublime : l’école rabbinique et le royaume juif de Rouen et de L’effervescence rouennaise au siècle naissant. Il assure le commissariat général du festival, assisté d’une équipe dirigée par Annick Bouillot, chef de projet.

Jacques-Sylvain Klein Vice-président du Conseil scientifique et Commissaire général du festival

L’édition 2010, une programmation exaltante et bigarrée

Exceptionnellement dense et diversifiée, la première programmation du festival Normandie Impressionniste est l’occasion unique de plonger aux sources de l’un des plus importants courants artistiques de l’histoire de l’art pour mieux en apprécier la force créative et inspiratrice. Elle est le reflet du dynamisme et de la richesse de l’un des plus beaux territoires de France.

Depuis plusieurs mois, à travers toute la Normandie, toutes les énergies se mobilisent autour de la première édition de Normandie Impressionniste. Un grand nombre d’acteurs culturels, institutionnels, économiques, touristiques et éducatifs contribuent à élaborer une programmation dense, exigeante mais accessible, offerte au plus large public venu de France et de l’étranger.

Au programme culturel : un événement phare et très attendu au musée des Beaux-Arts de Rouen, de nombreuses expositions dans les musées normands ainsi qu’une multitude de manifestations culturelles dans les lieux emblématiques de l’Impressionnisme, sur l’ensemble de la Haute et Basse-Normandie. Toutes les formes artistiques sont au rendez-vous pour célébrer ce mouvement, source d’inspiration : peinture, arts décoratifs, art contemporain, vidéo, photographie, cinéma, musique, théâtre, spectacle vivant… Normandie Impressionniste sera aussi un grand événement populaire, festif et touristique : déjeuners sur l’herbe, guinguettes, bals, ballades, croisières, projections nocturnes, ateliers de plein air jalonneront le festival durant quatre mois, dans toute la Normandie.

Les peintres Impressionnistes ont exercé leur art dans de nombreuses communes normandes.

En voici un petit inventaire, non exhaustif, département par département.

Seine-Maritime (76)

Rouen

Théodore GERICAULT, William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, John Steel COTMAN, Samuel PROUT, Paul HUET, Jean-Baptiste COROT, Jules NOEL, Constant TROYON, Adolphe CALS, Charles LAPOSTOLET, Stanislas LEPINE, Albert LEBOURG, Claude MONET, Johan Barthold JONGKIND, Antoine GUILLEMET, Charles PECRUS, Léon-Jules LEMAITRE, Charles ANGRAND, Joseph DELATTRE, Charles FRECHON, Paul GAUGUIN, Gustave CAILLEBOTTE, Eugène MURER, Camille PISSARRO, Auguste RENOIR, Alfred SISLEY, Robert PINCHON, Maurice LOUVRIER

Dieppe

William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, John Steel COTMAN, Jean-Baptiste COROT, Eugène DELACROIX, Eugène ISABEY, Charles LAPOSTOLET, Eva GONZALES, Adolphe CALS, Albert LEBOURG, Jacques-Emile BLANCHE, Auguste RENOIR, Claude MONET, Antoine GUILLEMET, Eugène MANET, Walter SICKERT, James Abboth WHISTLER, Camille PISSARRO, Eugène BOUDIN, Paul HELLEU

Le Tréport

William TURNER, Eugène ISABEY, Jules NOEL, Paul HUET, Johan Barthold JONGKIND, Auguste RENOIR

Eu

William TURNER, Jean-Baptiste COROT

Neufchâtel en Bray

Jean-Baptiste COROT

Etretat

Jean-Baptiste COROT, Eugène DELACROIX, Eugène ISABEY, Eugène LEPOITTEVIN, Gustave COURBET, Claude MONET, Eugène BOUDIN, Johan Barthold JONGKIND

Yport

Jean-Baptiste COROT, Eugène ISABEY, Claude MONET, Camille COROT

Le Havre/Sainte-Adresse

Théodore GERICAULT, Richard-Parkes BONINGTON, William TURNER, Camille COROT, Jean-François MILLET, Jules NOEL, Johan Barthold JONGKIND, Eugène BOUDIN, Charles PECRUS, Claude MONET, Antoine GUILLEMET, Frédéric BAZILLE, Stanislas LEPINE, Henri-Edmond CROSS, Auguste RENOIR, Camille PISSARRO

Valmont

Eugène DELACROIX, Léon RIESENER

Varengeville sur Mer

Eugène DELACROIX, Claude MONET, Camille PISSARRO

Jumièges

William TURNER, Constant TROYON

Pourville sur Mer

Auguste RENOIR, Claude MONET

Berneval le Grand

Auguste RENOIR

Déville lès Rouen

Joseph DELATTRE

Elbeuf

Théodule RIBOT

Fécamp

Eugène ISABEY, Jules NOEL, Berthe MORISOT, Claude MONET

Saint-Valery en Caux

Théodore ISABEY, Johann-Bartold JONGKIND, Adolphe CALS

Les Petites Dalles

Claude MONET, Eugène DELACROIX, Eugène BOUDIN, Camille PISSARO, Berthe MORISOT

Le Mesnil-Esnard

Alfred SISLEY

La Bouille

Alfred SISLEY, Albert LEBOURG

Criquetot l’Esneval

Charles ANGRAND

Saint-Wandrille

Eugène ISABEY

Lillebonne

Richard-Parkes BONINGTON

Caudebec en Caux

William TURNER, Constant TROYON, Eugène BOUDIN

Duclair

William TURNER

Bapeaume lès Rouen

Albert LEBOURG

Tancarvillle

Paul HUET

Wargemont/Derchigny-Graincourt

Auguste RENOIR

Arques la Bataille

William TURNER, Paul HUET

Eure (27)

Louviers

Jean-Baptiste COROT

Saint-Nicolas d’Attez / Breteuil

Théodule RIBOT

Pont-Audemer

Louis-Alexandre DUBOURG

Montfort sur Risle

Albert LEBOURG

Giverny

Claude MONET, Paul-Emile PISSARRO

Lyons La Foret

Paul-Emile PISSARRO

Gisors

Richard-Parkes BONINGTON, Camille COROT, Camille PISSARRO, Paul-Emile PISSARRO

Les Andelys / Château-Gaillard

William TURNER, John Steel COTMAN, Théodore ROUSSEAU

Vernon

Richard Parkes BONINGTON, William TURNER, Claude MONET

Evreux

Richard Parkes BONINGTON

Etrepagny

Louis ANQUETIN

Hondouville Sur Iton

Albert LEBOURG

Pont-De-L’arche

William TURNER

Quillebeuf sur Seine

William TURNER, Richard-Parkes BONNINGTON

Calvados (14)

Honfleur

William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, Xavier LEPRINCE, Paul HUET, Charles MOZIN, Jean-Baptiste COROT, Eugène ISABEY, Constant TROYON, Johan Barthold JONGKIND, Gustave COURBET, Louis-Alexandre DUBOURG, Eugène BOUDIN, Frédéric BAZILLE, Charles-François d’AUBIGNY, Adolphe-Félix CALS, Charles PECRUS, Emile RENOUF, Henry-Michel LEVY, Charles LAPOSTOLET, Eva GONZALES, Gustave MOREAU, Georges SEURAT

Caen

Richard-Parkes BONNINGTON, Jean-Baptiste COROT, Paul HUET, Eugène BOUDIN, Stanislas LEPINE

Trouville

Richard-Parkes BONINGTON, Camille COROT, Charles MOZIN, Paul HUET, Théodule RIBOT, Eugène ISABEY, Constant TROYON, Gustave COURBET, Charles PECRUS, Henry-Michel LEVY

Deauville

Eugène BOUDIN, Gustave COURBET, James Abboth WHISTLER

Houlgate (Beuzeval)

Paul HUET, Léon RIESENER

Vire

Paul HUET

Falaise

Paul HUET

Villerville

Paul HUET, Camille COROT, Charles-François d’AUBIGNY, Félix CALS, Charles LAPOSTOLET, Antoine GUILLEMET

Villers sur Mer

Edgar DEGAS

Courseulles sur Mer

Henry-Michel LEVY

Lisieux

Constant TROYON

Clécy / Le Vey (Suisse Normande)

Paul-Emile PISSARO

Ouistreham

Richard-Parkes BONINGTON, Stanislas LEPINE

Port-En-Bessin

Georges SEURAT

Touques

Constant TROYON

Grandchamp le château

Eva GONZALES

Manche (50)

Cherbourg

Eugène ISABEY, Jean-François MILLET, Berthe MORISOT

Saint-Lô

Jean-Baptiste COROT, Samuel PROUT

Gruchy/Gréville/La Hague

Jean-François MILLET

Granville

Camille COROT, Théodore ROUSSEAU, Charles-François d’AUBIGNY, Paul HUET

Mortain

John Steel COTMAN, Paul HUET, Jean-Baptiste COROT

Mont Saint-Michel

John Steel COTMAN, Camille COROT, Théodore ROUSSEAU

Orne (61)

Alençon

Jean-Baptiste COROT

Domfront

John-Steel COTMAN, Jean-Baptiste COROT

Argentan

Edgar DEGAS

Découvrez le programme sur le site de Normandie impressionnisme : http://www.normandie-impressionniste.fr

Colline Hill

Posté le 16 fév 2010 à 7:53

Colline Hill

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